la Contrainte extrait du "Dictionnaire de la poésie française" de Jacques Charpenteau

la Contrainte extrait du "Dictionnaire de la poésie française" de Jacques Charpenteau
http://en.artoffer.com/Roland-H.-Heyder/Gallery/
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La contrainte est un élément du système que doit se donner un poète dans son écriture, soit qu'il l'invente, soit qu'il applique une ou plusieurs règles de la versification traditionnelle.
D'une façon générale, il n'y a pas de poème sans contraintes, puisque la poésie utilise les mots en les assemblant autrement que dans le langage courant.



Les contraintes sont essentiellement formelles.
Tous les poèmes à forme fixe respectent une contrainte globale.
La versification traditionnelle a défini une série de contraintes dont les principales sont le mètre, la rime, les accents, les coupes, le rythme, la disposition des strophes. Ces contraintes sont liées à la fois aux réalités de la langue française et aux conventions de la tradition.



L'apparition des vers libres à la fin du XIXe siècle est un élément de la révolte contre les contraintes
, essentiellement par la suppression des rimes et du mètre régulier.
Mais un poème apparemment libéré des contraintes traditionnelles a besoin d'établir une structure de rapports moins visibles mais réels pour accéder au statut de poème. En fait, on peut souvent retrouver dans les vers libres une utilisation atténuée des contraintes traditionnelles, comme un écho des rimes ou assonances, des mesures et des mètres.



...

Face invisible ! je t'ai grae en médailles
D'argent doux comme l'aube le,
D'or ardent comme le soleil,
D'airain sombre comme la nuit;
I
l y en a de tout tal,
Qui tintent clair comme la joie,
Qui sonnent lourd comme la gloire,
Comme l'amour, comme la mort;
Et j'ai fait les plus belles de belle argile
Sèche et fragile.
...

Henri de Régnier, Les Médailles d'argile. Mercure de France, 1911.


Les adeptes du n'importe-quoi-n'importe-comment ne se reconnaissent qu'une contrainte, ô combien légère, celle d'aller à la ligne arbitrairement pour donner l'impression d'écrire des vers.

Dans la seconde partie du XXe siècle, des écrivains excédés par l'abandon anarchique de toute structure mais souhaitant également s'affranchir de la versification traditionnelle à l'occasion, ont créé l'Oulipo qui a inventé de nouvelles contraintes ou repris d'anciennes formes contraignantes.
Au début du XXIe siècle, de jeunes écrivains, parmi lesquels de nombreux poètes, ont créé une revue consacrée aux « littératures à contraintes », Formules ; on peut voir en cette création une réaction contre l'incroyable laisser-aller de la poésie fin-de-siècle qui, un moment, abandonna toute structure en des textes informes usurpant le nom de « poèmes ».


L'application exagérée d'une contrainte traditionnelle peut fournir un moyen de remettre en cause cette contrainte, en montrant que la difficulté vaincue n'en est plus une. Ainsi les vers holorimes qui étendent la rime à tout le vers :


Protestation de mélomane

Ah ! ce qu'on sert de faux « ré »
A ce concert de Fauré !


Lucienne Desnoues, dans Jouer avec les poètes. © Hachette, « Fleurs d'encre », 2000.


La notion de contrainte n'est évidemment pas propre à la poésie : « L'art naît de contrainte, vit de lutte, meurt de liberté », remarquait André Gide. C'est la même certitude qu'il affirme près d'un demi-siècle plus tard : « L'art commence à la résistance ; à la résistance vaincue, et le poète s'abuse qui croit exceller sans effort. » (André Gide, Réflexions sur la Poésie française, dans Le Figaro littéraire, 31 juillet 1948).

Les poètes sont soumis à deux tentations dans leur versification : d'un côté l'attrait des contraintes dont ils ont besoin, ne serait-ce que pour le plaisir de la difficulté vaincue, quitte à s'inventer des contraintes de plus en plus exigeantes ; d'un autre, le refus de toute contrainte qui donne une sensation totale de liberté, mais risque de conduire leurs écrits vers l'informe, le bavardage, l'arbitraire d'une prose masquée.

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# Posté le vendredi 26 décembre 2008 12:13
Modifié le lundi 05 janvier 2009 11:22

Jean-Baptiste Chassignet

Jean-Baptiste Chassignet
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II

Celuy quiconque apprend à mourir constamment
Des-aprent à servir, & ny à violence,
Torture, ny prison dont l'extreme souffrance

Rompe de ses desseins le stable fondement.

Mediter à la mort, c'est le commencement
De vivre en liberté ; douteusement balance
Sans resolution, jouet de l'inconstance

Celuy qui du trespas redoute le torment.

L'amour de ceste vie est la vapeur funeste
Qui troublant de l'esprit la nature celeste

Le fait impudemment à tout vice courir.

Jettons la en arriere, & nous verrons à l'heure
Sortir des beaus effets d'une cause meilleure ;

On ne vit jamais bien quand on craint de mourir.
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XLIV

Nous n'entrons point d'un pas plus avant en la vie
Que nous n'entrons d'un pas plus avant en la mort,
Nostre vivre n'est rien qu'une eternelle mort,

Et plus croissent nos jours, plus decroit nostre vie :

Quiconque aura vescu la moitié de sa vie,
Aura pareillement la moitié de sa mort,
Comme non usitee on deteste la mort

Et la mort est commune autant comme la vie :

Le temps passé est mort, et le futur n'est pas,
Le present vit, et chet de la vie au trespas

Et le futur aura une fin tout semblable.

Le temps passé n'est plus, l'autre encore n'est pas,
Et le present languit entre vie et trespas,

Bref la mort et la vie en tout tems est semblable.
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LIII

L'enfance n'est sinon qu'une stérile fleur,
La jeunesse qu'ardeur d'une fumière vaine,
Virilité qu'ennui, que labeur, et que peine,

Vieillesse que chagrin, repentance, et douleur ;

Nos jeux que déplaisirs, nos bonheurs que malheur,
Nos trésors et nos biens que tourment et que gêne,
Nos libertés que lacs, que prisons, et que chaîne

Notre aise que malaise et notre ris que pleur ;

Passer d'un âge à l'autre est s'en aller au change
D'un bien plus petit mal en un mal plus étrange

Qui nous pousse en un lieu d'où personne ne sort.

Notre vie est semblable à la mer vagabonde
Où le flot suit le flot et l'onde pousse l'onde,

Surgissant à la fin au havre de la mort.
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XCVIII

Qu'est-ce de votre vie ? une bouteille molle
Qui s'enfle dessus l'eau, quand le ciel fait pleuvoir
Et se perd aussitôt comme elle se fait voir,

S'entre-brisant à l'heurt d'une moindre bricole :

Qu'est-ce de votre vie ? un mensonge frivole
Qui sous ombre du vrai nous vient à décevoir,
Un songe qui n'a plus ni force, ni pouvoir,

Lors que l'½il au réveil sa paupière décolle :

Qu'est-ce de votre vie ? un tourbillon rouant
De fumière à flot gris, parmi l'air se jouant,

Qui passe plus soudain que foudre meurtrière.

Puis vous négligerez dorénavant le bien
Durable, et permanent, pour un point, qui n'est rien

Qu'une confle, un mensonge, un songe, une fumière.
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--------------------------------------------------l'Auteur-----------------------------------------------------------

C'est seulement l'âge de vingt-quatre ans, que Jean-Baptiste Chassignet ( vers 1578 - vers 1635 ) achève l'immense suite de sonnets, au nombre de 434, qui a pour titre Le Mespris de la vie et Consolation contre la mort. Ce sont des sonnets souvent admirables et très représentatifs de la sensibilité de l'époque par leur ardeur sombre qui unit violent réalisme, grâce des images, âpreté du ton, ferveur mystique. Il écrit ensuite des paraphrases de textes bibliques, sur les Douze Petits Prophètes (1601) et sur les Psaumes (1613).
L'½uvre de ce Franc-Comtois est un des trésors oubliés qu'ont exhumés les recherches entreprises depuis la Seconde Guerre mondiale sur la littérature baroque en France.

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-------------------------------------------------Définitions--------------------------------------------------------

Usitee : Qui est en usage, utilisé fréquemment
Chet : [?] probalement l'ancienne forme de la 3e personne du present du verbe «choir»
Heurt : Rencontre, choc
Confle : Balle de poivre lourd
Fumière : Emplacement où l'on dépose le fumier en tas pour qu'il poursuive sa fermentation



--------------------------------------------------Extrait Du Poème-----------------------------------------------

« Mediter à la mort, c'est le commencement
De vivre en liberté ; »


------------------------------------------------------Avis-------------------------------------------------------------

Trouvez vous que les Sonnets se répètent de trop les uns comparés aux autres ?


-----------------------------------------------------Autre------------------------------------------------------------

- Le Mespris de la vie et Consolation contre la mort, lien Wikisource o
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# Posté le mercredi 20 février 2008 06:23
Modifié le samedi 23 février 2008 04:11

Félix Arvers

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http://auroraweblog.karmaos.com/post/1644
http://exigeant.canalblog.com/archives/2006/10/26/2973422.html
Sonnet

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,

N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre

Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

À l'austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle

" Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas.


Mes heures perdues
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--------------------------------------------------l'Auteur-----------------------------------------------------------

Alexis-Félix Arvers ( 1806 - 1850 ) est poète et dramaturge ; il doit toute sa réputation à son Sonnet, l'une des pièces poétiques les plus populaires de son siècle.


--------------------------------------------------Extrait Du Poème-----------------------------------------------

« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère, »

------------------------------------------------------Avis-------------------------------------------------------------

Pensez-vous que ce poème exploite a son avantage la forme du Sonnet ?

Pensez-vous que l'on puisse donner le titre de poète a quelqu'un qui a écrit qu'un ou que peu de poèmes marquants ?



-----------------------------------------------------Autre------------------------------------------------------------

- 9 poèmes de Félix Arvers o
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# Posté le jeudi 14 février 2008 05:07
Modifié le mardi 13 janvier 2009 11:50

Antonin Artaud

Antonin Artaud
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http://michelogier.blogspot.com/
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La culture indienne

Je suis venu au Mexique prendre contact avec la Terre Rouge
et elle pue comme elle embaume ;
elle sent bon comme elle puait.


Cafre d'urine de la pente d'un vagin dur,
et qui se refuse quand on le prend.


Camphre urinaire de l'éminence d'un vagin mort,
et qui vous soufflette quand on l'étend,


quand on mire du haut du Mirador du Pitre,
tombe cloutée du père affreux,


le trou à creux, l'âcre trou creux, où bout le cycle
des poux rouges,
cycle des poux solaires rouges,
tout blancs dans le lacis des veines de l'un deux.


Qui ça deux, et lequel des deux ?
Qui, les deux?
au temps
septante fois maudit
où l'homme

...............se croisant lui-même
naissait fils
de sa sodomie
sur son propre cu
endurci.
Pourquoi deux d'eux,
et pourquoi de DEUX?


Pitre affreux de père mimire,
immonde pitri parasite, dans creux mamiche retiré du feu!


Car les soleils qui passent tout ronds
ne sont rien auprès du pied bot,
de l'immense articulation
de la vieille jambe gangrène,
vieille jambe ossuaire gangrène,
où mûrit un bouclier d'os,


la levée souterraine, guerrière,
des boucliers de tous les os.


Qu'est-ce à dire?

Ça veut dire que papa-maman n'encule plus le pédéraste inné,
l'immonde boutis des partouses chrétiennes,
interlope entre ji et cri,
contracté en

...............jiji-cricri,

et ça veut dire que la guerre
remplacera le père-mère
là où le cu faisait barrière
contre la peste nourricière
de la Terre Rouge enterrée
sous le cadavre du guerrier

.............mort
pour n'avoir pas voulu passer
par le périple du serpent
qui se mord la queue par-devant
cependant que papa-maman
lui mettent le derrière en sang.


Et qu'à y regarder de près,
dans la tranche tuméfiée de la jambe,
du vieux fémur couperosé
tombent


...............ça pue
...............et ça puait ;
et resurgit le vieux guerrier
de la cruauté insurgée,
de l'indicible cruauté
de vivre et de n'avoir pas d'être
qui puisse vous justifier;
et tombent
dans le trou ancré
de la terre vue de haut, et en perce,
tous les bouts de langue éclairés,
et qui un jour se crurent âmes,
n'étant même pas des volontés;


montent
tous les éclairs
de la schlague de ma main morte,
contre la langue soulevée,


et les sexes de volonté,

qui sont à peine des mots jetés,
lesquels n'ont pas pu prendre d'être;


mais tombent mieux que des soleils
rejetés,
dans la cave où s'entretuaient
papa-maman
et pédéraste,
le fils d'avant que ça puait.


Quand l'âne solaire se croyait bon !
Et où était le ciel dans son rond ?


Où l'on était,
.............dehors,
tout con
de sentir le ciel

...............dans son con,

sans rien qui pût faire barrière contre le vide,

pas de fond
et pas d'aplomb,
et pas de face,
ni de haut,
et où tout vous rapplique au fond,
quand on est droit tout de son long.

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--------------------------------------------------l'Auteur-----------------------------------------------------------

Antonin Artaud (1896 – 1948 ) vint a Paris en 1924 avec le projet de devenir comédien et tourna dans différents films, et publia en 1927 sa correspondance avec Jacques Rivière, qui lui avait refusé ses poèmes pour la Nouvelle Revue Française. Il adhère l'année suivante au surréalisme, dont il s'éloignera très vite. Déjà, il est victime de troubles d'orde psychique. Il fonde avec Roger Virac le Théêtre Alfred-Jarry et monte, en 1935, Les Cenci, d'après Stendhal et Shelley. En 1936, il voyage au Mexique chez les Indiens Tarahumaras et y fait l'expérience du peyolt. En 1938, il publie Le Théâtre et on double, où il exprime ses idées dramatiques. Au retour d'un voyage en Irlande en 1939, il est interné en hôpital psychiatrique, à Rouen, à Paris, puis à Rodez, d'où il ne sera libéré qu'en 1946. Le 13 janvier 1947, il donne une conférence au théâtre du Vieux-Colombier, fascinant son public. Gide y vit « un acteur merveilleux, un homme misérable, atrocement secoué par un dieu ». En 1947 et 1948 paraissent coup sur coup, ses derniers grands textes : Van Gogh le suicidé de la société, Artaud-le-Momo, Ci-Gît, Pour en finir avec le jugement de Dieu, qui sera interdit par la Radiodiffusion de l'époque.
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-------------------------------------------------Définitions--------------------------------------------------------

Cafre : qui habite la Cafrerie (partie de l'Afrique australe) ; Langue du groupe bantou parlée en Cafrerie
Camphre : substance extraite du camphrier utilisée comme antimite, ainsi que pour la fabrication de celluloïd.
Mirador : tour ou construction élevée servant de poste d'observation
Lacis : tissu consistant en un entrelacement de fils ; Réseau dense et serré de nerfs, de vaisseaux sanguins
Mamiche : mâmiche (?) : « Grand-mère; vieille femme »
Pied bot : une anomalie de développement du pied survenant pendant la période foetale
Pédéraste : homosexuel
Inné : appartient à l'être dès sa naissance
Boutis : endroit où un sanglier fouille avec son boutoir pour chercher les racines
Interlope : Commerce frauduleux
Schague : Correction brutale

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--------------------------------------------------Extrait Du Poème-----------------------------------------------

« Quand l'âne solaire se croyait bon ! »
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------------------------------------------------------Avis-------------------------------------------------------------

Est-ce que vous pensez que la vulgarité est incompatible avec la Poésie ?
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-----------------------------------------------------Autre------------------------------------------------------------

- Article de Wikipédia sur Antonin Artaud o
- Superbe video sur Antonin Artaud o



# Posté le jeudi 07 février 2008 05:19
Modifié le samedi 10 janvier 2009 06:50

Martial de Brive

Martial de Brive
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Les soupirs d'une âme exilée

Sur ces paroles de saint Paul : Cupio dissolvi et esse cum Christo

Je vis, mais c'est hors de moi-même ;
Je vis, mais c'est sans vivre en moi ;
Je vis dans l'objet de ma foi

Que je ne vois pas et que j'aime ;
Triste nuit des longs embarras
Où mon âme est enveloppée,
Si tu n'es bientôt dissipée,

Je me meurs de ne mourir pas.

Le noeud de flamme et de lumière
Qui lie à Dieu seul mon amour
Fait par un amoureux détour

Qu'il est captif, et moi geôlière ;
À voir qu'en de faibles appas
Il trouve une prison si forte,
Un si grand zèle me transporte

Que je meurs de ne mourir pas.

Bon Dieu, que longue est cette vie !
Fâcheux exil qui me détiens,
Que ta prison et tes liens

Pèsent à mon âme asservie !
L'espoir d'être libre au trépas
Me cause tant d'impatience
Qu'attendant cette délivrance

Je me meurs de ne mourir pas...
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--------------------------------------------------l'Auteur-----------------------------------------------------------

Martial de Brive ( vers 1599 - 1656 ) prédicateur, capucin, ne vit sans doute jamais dans la poésie qu'un passe-temps assez gratuit, ou assez nécessaire, d'une nécessité tout intérieure, pour qu'il ne se souciât pas de mettre en ordre ni de donner à l'imprimerie son ½uvre. Dans celle-ci, à l'intérieur du concert baroque, le religieux fait entendre le chant des créatures dans les libres amplifications et variations de paraphrases bibliques, et il célèbre des lieux aimés, grottes habitées, sauvages ermitages recelant des chapelles aux autels et balustrades dorés, là où la nature, l'½uvre humaine et la grâce, pour qui sait voir, rivalisent en miracles et invitent le verbe poétique à entrer dans leur concours.


-------------------------------------------------Définitions--------------------------------------------------------

Cupio dissolvi et esse cum Christo : "Que je voudrais être déliée pour être bientôt avec Jésus-Christ".
faix : Réunion d'éléments identiques ; charge, corps pesant; ce que porte ou soutient avec effort, difficulté, une personne.


--------------------------------------------------Extrait Du Poème-----------------------------------------------

« Je meurs de ne mourir pas.»


-----------------------------------------------------Autre------------------------------------------------------------

- Deux poèmes de Martial de Brive o
# Posté le mercredi 30 janvier 2008 12:34
Modifié le samedi 16 février 2008 05:48